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Gauthier Genet, Race Engineer en rallye chez PH Sport

Gauthier Genet Race Engineer Ecole de la Performance PH Sport

Gauthier Genet a fait la session 2017/2018 de Performance Engineering, la spécialisation de l’École de la PERFORMANCE pour tous Ingénieurs. Après son stage chez TDS Racing, il a été embauché par le team PH Sport. Nous l’avons rencontré au retour d’une manche du Championnat de France des Rallyes Terre. (Photos @stephrallyepassion)

Qu’avez-vous fait depuis la sortie de l’École de la PERFORMANCE ?

J’avais fait mon stage chez TDS Racing, et toute la saison 2018 en ELMS et en WEC. Ça s’est super bien passé, j’ai beaucoup aimé travailler avec eux. D’autant que nous avons remporté l’ELMS. J’étais Ingénieur systèmes et data. J’analysais surtout les datas pour la santé et fiabilité de la voiture, mais j’ai aussi fait du Driving avec les pilotes de la TDS #28 en WEC. Le Driving, ça consiste à trouver de la performance dans la conduite des pilotes à partir des datas.

Comment avez-vous été recruté chez PH Sport ?

Jusque-là, j’avais fait uniquement de l’endurance, mais je ne voulais me fermer à aucune discipline. J’ai contacté PH Sport pour répondre à un recrutement. Ils font du rallye et du rallye-raid, ils sont connus et très performants. J’ai été embauché dans l’équipe qui fait du rallye, aussi bien de l’asphalte que de la terre. C’est passionnant.

Quels éléments ont été déterminants dans votre embauche ?

PH Sport connaît bien l’École de la PERFORMANCE, d’ailleurs j’ai retrouvé Aurélien Labaye, stagiaire Performance Engineering de l’École qui a fait le Dakar avec eux. Sinon, je pense que le fait que j’ai travaillé dans une équipe très structurée comme TDS en ELMS et en WEC les a intéressés, avec toute la rigueur que ça implique vu le niveau. PH Sport exploite beaucoup de voitures, monte des R5 pour Citroën, tout ça avec peu d’ingénieurs. Ça représente beaucoup de travail, et ça nécessite là aussi d’être très structuré. A l’atelier c’est la même rigueur que chez TDS. Et sur le terrain il faut à tout prix maintenir cette rigueur, même si c’est plus difficile.

Sur quel(s) championnat(s) êtes-vous ?

Je viens de faire le Rallye Castine Terre d’Occitanie, en Championnat de France des Rallyes Terre. J’étais en charge de la DS3 WRC 2014 de Jean-Charles Beaubelique et Julien Pesanti. Je fais aussi l’ADAC Rallye Masters, un championnat allemand sur asphalte, avec un équipage français. Le dernier était le Saarland Rallye, et le prochain le Sachsen Rallye. Et aussi du régional en 208 R2.

Quel est votre poste et votre rôle ?

Je suis Ingénieur d’exploitation. Je suis tout seul sur l’auto, voire sur plusieurs autos lorsqu’il s’agit de 208 R2. Je suis bien sûr encore encadré, pour un petit temps d’adaptation. Mais à terme, je serai indépendant. Je prépare l’épreuve en amont, avec la commande de pneus, de l’essence, … Et le set up de base de la voiture. Et ensuite sur l’épreuve, le développement et le suivi pour que tout fonctionne sur la voiture. Je fais évoluer l’auto d’après le feedback pilote. Et j’exploite les acquisitions de données pour anticiper un changement de turbo, vérifier une étanchéité, ou autres.

Comment ça se passe, c’est différent du circuit ?

Très différent. Sur circuit on a beaucoup d’essais pour mettre au point la voiture. Et comme on tourne toujours sur le même terrain, c’est plus facile d’être systématique. Là si je prends l’exemple de l’Occitanie, on a eu 30 km d’essais privés, juste le temps pour le pilote de prendre ses marques dans la voiture. Mais pas vraiment de trouver un réglage parfait pour des spéciales qui allaient de toute façon être différentes. Et puis en rallye, les conditions peuvent changer très facilement. S’il pleut, la terre devient de la boue. Il faut alors changer les pressions de pneus, le pilote ne freine plus du tout de la même manière, ... On n’a plus les mêmes repères.

Du coup, il faut affiner pendant l’épreuve ?

Oui, sachant qu’on a les datas mais pas le profil précis de la spéciale. Du coup, il faut davantage s’appuyer sur le ressenti du pilote qu’en circuit, et améliorer les réglages pour qu’il se sente plus à l’aise pour attaquer. Mais sur 40 minutes d’assistance, je dois avant tout détecter un éventuel problème sur l’auto, et m’assurer que les mécaniciens ont le temps d’y remédier. Ce qui laisse à peine 10 minutes pour parler des datas avec le pilote. Qui doit aussi travailler sur ses notes... Donc il faut s’organiser sur un temps très limité. En endurance on avait 30 ou 40 minutes pour faire du Driving avec le pilote, étudier les freinages et autres. Là c’est quasi impossible.

Et si vous faites un premier bilan…

C’est très très positif, vraiment. Je m’amuse, on a beaucoup de déplacements et c’est sacrément passionnant. J’ai vraiment hâte de prendre plus d’expérience, et de commencer à faire des résultats avec mes autos. Et dans le futur, j’aimerais faire du rallye-raid. Pour moi c’est le top, tant sur l’aventure que sur l’aspect course longue. Avec la gestion et le maintien en vie des systèmes de la voiture jusqu’au bout. Le rallye-raid, c’est un peu l’endurance du rallye.


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