Rencontre avec Guillaume OUDOT, stagiaire ingénieur du cycle "Performance Engineering" 2011-2012

Ancien stagiaire ingénieur de l’Ecole de la PERFORMANCE, il est maintenant intervenant-formateur pour le module "Gestion des communications, télémétrie et liaisons CAN". Rencontre avec Guillaume OUDOT.

  • Bonjour Guillaume, quel a été votre parcours avant l’Ecole de la PERFORMANCE ?
Guillaume OUDOT

Je suis né en octobre 1987, dans une famille de musiciens. La musique est d’ailleurs ma seconde passion, et je réalise actuellement une maquette avec un copain, dans un strict cadre amateur. Mais aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours été passionné par l’automobile et tout ce qui a un moteur. J’ai donc orienté mes études pour atterrir dans le sport auto.
J’ai d’abord passé un DUT en alternance de Génie Mécanique et Productique. Un ingénieur qui encadre doit passer par tous les postes, ça m’a permis de « mettre la main à la pâte ».
J’ai ensuite intégré l’UTBM de Belfort-Montbéliard pour un diplôme d’Ingénieur en Mécanique Générale. J’aurais aimé faire un cursus plus orienté sport auto. Mais je n’avais pas les moyens de me payer une école privée, et une formation généraliste laissait tous les choix possibles pour la suite.

Enfin, j’ai effectué mon stage de fin d’études chez Lazareth Auto Moto, un petit constructeur français de véhicules d’exception. Les voitures y sont conçues et réalisées quasi à 100 %, hormis le groupe motopropulseur. J’y ai été embauché en CDD, jusqu’à ma formation à l’Ecole de la PERFORMANCE.

  • Comment aviez-vous eu connaissance de l’Ecole de la PERFORMANCE ?

Je connaissais l’Ecole depuis très longtemps, je l’avais croisée sur de nombreux salons consacrés à la formation. Elle n’avait pas à l’origine d’offre à destination des ingénieurs, mais apparaissait déjà comme un point de passage obligé pour tout passionné qui se destinait au sport auto. Je m’y suis ré-intéressé à la fin de mes études. J’ai alors découvert la formation Performance Engineering, que j’ai intégrée pour la session 2011-2012.

  • De manière générale, quels sont les points forts de cette formation ?

La liaison au sol, la dynamique du véhicule, et le pneumatique. Sans hésitation. L’Ecole de la PERFORMANCE est d’ailleurs réputée pour ça dans le milieu. Les formateurs sont des professionnels reconnus, leur niveau et leur expérience y sont donc pour beaucoup. C’est ce qui m’a permis d’acquérir des connaissances indispensables à tout ingénieur piste, mais que très peu d’ingénieurs stagiaires détiennent.

  • Où avez-vous effectué votre stage de fin de formation, quelles étaient vos responsabilités ?

L’Ecole de la PERFORMANCE m’a proposé un stage au Gulf Racing Middle East, un team de LMP2. D’emblée, ma préférence allait à l’endurance, mais plutôt en GT. L’occasion était cependant trop belle, s’agissant d’un team qui évolue en championnat du Monde FIA. Et le premier jour de mon stage, je prenais l’avion pour Sebring !!
Le stage s’est étalé jusqu’en octobre. J’étais ingénieur data, avec la responsabilité de la programmation liée à la voiture, du faisceau électrique, ainsi que de la télémétrie et des communications radio. Le poste est complémentaire avec celui d’ingé piste, en charge du comportement de la voiture et de la stratégie.
Etant le seul ingé data, je gérais les deux voitures de l’équipe. Je passais la course devant les écrans de télémétrie pour surveiller en temps réel les données des voitures, et calculer les consommations pour que l’ingé piste puisse affiner sa stratégie de course. Au changement de pilote, je m’occupais en outre du déchargement des données FIA que nous étions tenus de fournir à la direction de course.

  • Etiez-vous préparé au difficile milieu de la compétition ?

En course on frise parfois des moyennes de 4 heures de sommeil par nuit sur 10 jours, avec un stress de tous les instants. Il faut aussi s’attendre à occuper plusieurs postes à la fois, hormis dans les très gros teams. L’Ecole nous met très vite dans le bain, avec notamment un stage de 3 jours en montagne, très difficile physiquement et moralement.
Donc si on ne l’avait pas anticipé soi-même, c’est vrai que l’Ecole de la PERFORMANCE nous y prépare activement.

  • Avez-vous trouvé un emploi après votre stage ?

Après ma fin de stage, j’ai terminé la saison 2012 avec le Gulf Racing Middle East, qui m’a embauché pour 2013. Je serai cette fois ingénieur piste sur la LMP2 de l’équipage gentlemen drivers.
Mon but, c’était vraiment l’endurance à haut niveau, et j’ai d’ores et déjà la chance d’évoluer dans ce domaine.

Une des Lolas LMP2 du Gulf Racing Middle East dont Guillaume était en charge

Le championnat est magnifique. Nous visitons le monde entier, même s’il n’y a pas vraiment de place pour le tourisme !! L’endurance est une discipline à part, qui demande une très grosse faculté d’adaptation, avec une intensité maxi sur des épreuves d’au moins 6 heures. L’ingénieur ne dort pas un seul moment sur toute l’épreuve, le poste étant rarement doublé. Mais c’est ça que je voulais faire, et aujourd’hui c’est le cas.

  • Vous êtes un cas un peu particulier, puisque vous êtes revenu à l’Ecole de la PERFORMANCE en tant qu’intervenant. Quelles raisons vous y ont poussé ?

J’ai considéré que la formation pouvait encore être améliorée sur les aspects purement data. Elle prépare très bien au rôle d’ingénieur piste, mais mes débuts en tant qu’ingé data m’ont obligé à découvrir certaines choses par moi-même.
J’ai donc fait part de ce point à Thierry Fornerod, le directeur de l’Ecole, qui m’a proposé d’intervenir sur ce domaine. Et je peux déjà dire que le module de 2 jours cette année, sera complété pour 2013 avec des exercices pratiques sur les autos.

  • En guise de conclusion, quel a été le « retour sur investissement » du coût de votre formation ?

Le sport automobile est un domaine de passionnés. Le fait de se lever le matin pour faire ce qu’on aime et vivre sa passion, ça n’a pas de prix !! Mais si on veut considérer l’aspect investissement, il est particulièrement rentable. Je suis non seulement sorti de l’Ecole de la PERFORMANCE très bien préparé techniquement et mentalement, mais cela m’a en outre permis d’être aussitôt embauché.

Je ne peux qu’inciter les jeunes ingénieurs qui rêvent tous les jours de compétition à s’inscrire à Performance Engineering… et à y suivre mon module !!

Texte Frank Figuls - photos www.motorsmedia.com